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La 2ème partie de ce numéro de Muzax consacré à l'Atari ST et au Commodore Amiga se compose des musiques des jeux Goldrunner, Le Manoir de Mortevielle, L'arche du Capitaine Blood, Black Lamp, King's Quest et ACE II dans la B.I.G. demo, en version Atari ST et Commodore Amiga selon les jeux.

Contenu de l’émission :
Bienvenue dans Muzax, l'émission des musiques de jeux vidéo.

Continuons notre observation du combat entre l'Atari ST et le Commodore Amiga.

En 1987, la société britannique « Microdeal » sort « Goldrunner » sur l'Atari ST.
Ce jeu est l'oeuvre d'un duo ayant signé de nombreux hits, « Steve Bak » et « Pete Lyon ».
Steve Bak excelle dans le développement de scrolling ultra fluides, il se charge de la conception et de la programmation du jeu.
Pete Lyon quand à lui réalise les graphismes.
La musique est composée par Rob Hubbard, l'un des plus grand musicien sur le Commodore 64.
Les voix sont digitalisées grâce au « ST Replay », une cartouche conçu par « 2bit Systems » et Microdeal.
Comparons avec la version Amiga.
La musique n'est pas une réussite et n'exploite pas pleinement les capacités de l'Amiga.
En revanche, les digitalisations de voix sont d'une qualité légèrement meilleure.
Ceci est très certainement dû au fait que l'Amiga gère nativement la numérisation, appelée aussi « échantillonnage ».
La réalisation sur l'Atari est d'autant plus remarquable que ce micro-ordinateur ne gère pas par défaut le procédé d' échantillonnage.

Toujours en 1987, l'Atari ST se voit doté d'un nouveau jeu d'aventure, « Le Manoir de Mortevielle ».
Le graphisme de présentation est accompagné d'une musique digitalisée de très bonne qualité et l'introduction du jeu est prononcée par un voix synthétique.
Les personnages du jeu sont ainsi rendu plus vivant grâce à ce système de synthèse vocale d'une qualité impressionnante pour l'époque.

En 1988, la société française « ERE Informatique » sort « L'arche du Capitaine Blood ».
L'écran de titre est accompagné d'une version remixée d'« Ethnicolor », une des musiques de l'album « Zoolook » de « Jean-Michel Jarre ».
L'interface du jeu est agrémentée de voix digitalisées.
Cette technique est très appréciée dans le milieu des années 80.
Non seulement elle impressionne les joueurs mais elle permet également aux développeurs et sociétés de jeux vidéo de se dépasser et de montrer tout leurs talents.
Observons la version Amiga.
Une fois de plus le rendu est supérieur.
Malgré tout, on constate une nette amélioration de la qualité des digitalisations sur la version Atari.

Toujours en 1988, la société « Firebird » édite « Black Lamp ».
La musique proposée pendant les phases de jeu est inspirée d'une chanson anglaise traditionnelle datant du 16ème siècle, « Greensleeves ».
En 1986, le jeu « King's Quest » reprenait également cette musique.
Comparons les deux versions.
La différence est flagrante et montre les progrès remarquables effectués par les programmeurs et musiciens en seulement deux ans.

Contrairement aux consoles, les micro-ordinateurs permettent à toute personne de développer des programmes.
Des jeunes passionnées se regroupent et développent des démos afin de montrer leurs capacités à dépasser les limites de leur machine préférée.
En 1988, le groupe de démo-makers « The Exceptions » sort « The B.I.G. Demo ».
Le processeur sonore de l'Atari ST étant moins performant que celui du Commodore 64, c'est un véritable challenge d'arriver à reproduire sur le ST les sonorités légendaires du C64.
C'est le jeune « Mad Max » qui se charge de développer le programme appelé routine, permettant de jouer les musiques.
Après la version soundchip de la musique provenant du jeu « ACE 2 », passons à la version digitalisée.
« The B.I.G. Demo » signifiant « The Best In Galaxy Demo », contient 113 musiques soundchip et 6 digitalisées pour une durée totale supérieure à 4 heures.
Adaptées par Mad Max alias « Jochen Hippel », elles proviennent pour la plupart du Commodore 64 et ont été composées par Rob Hubbard.
Les prouesses techniques de cette démo ne se résument pas seulement au nombre de musiques et à leurs qualité.
En effet, les développeurs du groupe « The EXceptions », alias « TEX », arrivent à afficher 512 couleurs en simultané avec des effets de transparence alors que l'Atari ST est limité par défaut à 16 couleurs seulement.
De même, ils réussissent à faire défiler du texte de très grande taille, il s'agit du fameux écran du « Big-Scroll ».
Autre performance, ils parviennent à afficher des graphismes sur les bords de l'écran, ce que l'Atari ne permet pas par défaut. Cette technique s'appelle « l’overscan ».
En fin de compte, les limitations techniques de l'Atari ont permis de révéler des programmeurs d'exception.

Cette deuxième partie consacrée à l'Atari ST et l'Amiga s’achève. A bientôt pour la suite de ce numéro de Muzax.

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